La Conférence nationale des forces vives
En dix jours de dialogue, le Bénin est passé sans guerre d'un régime de parti unique à la démocratie.
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Le contexte
Depuis 1972, le Bénin est dirigé par Mathieu Kérékou ; depuis 1974, le régime se réclame du marxisme-léninisme avec un parti unique. À la fin des années 1980, faillite bancaire, arriérés de salaires, grèves des enseignants et des étudiants et chute du mur de Berlin rendent la situation intenable. En décembre 1989, le régime renonce au marxisme-léninisme et annonce une conférence nationale.
Ce qui s'est passé
- 19 février 1990 : ouverture des travaux. Le présidium est confié à Mgr Isidore de Souza.
- La Conférence se proclame souveraine : ses décisions s'imposent à tous.
- Elle suspend la Constitution de 1977, crée un Haut Conseil de la République et désigne Nicéphore Soglo comme Premier ministre de transition.
- 28 février 1990 : clôture. Le rapporteur général, le Pr Albert Tévoédjrè, lance : « Nous avons vaincu la fatalité. » Le président Kérékou accepte les conclusions.
Le bilan
La Constitution du 11 décembre 1990, adoptée par référendum, fonde le renouveau démocratique. En mars 1991, Nicéphore Soglo est élu président ; Mathieu Kérékou reconnaît sa défaite. C'est l'une des premières alternances pacifiques au pouvoir en Afrique francophone.
Pourquoi c'est arrivé
- La crise économique et financière.
- La mobilisation de la société civile, des syndicats et des Églises.
- Le contexte international de la fin de la guerre froide.
Et après ?
Le « modèle béninois » inspire des conférences nationales au Gabon, au Congo, au Mali, au Niger, au Togo et au Zaïre, avec des résultats inégaux. Il reste une référence continentale de résolution pacifique des crises.
Et chez nous ?
Plusieurs dispositions de la Constitution de 1990 viennent directement de la Conférence. Elle fait partie de notre identité politique : la capacité à dialoguer.
Pour débattre
- Pourquoi la conférence nationale a-t-elle réussi au Bénin et moins ailleurs ?
- Quelles qualités un citoyen doit-il cultiver pour faire vivre la démocratie ?
Sources
- Gouvernement du Bénin – Histoire (gouv.bj)
- La Nation – « Devoir de mémoire : Conférence des forces vives »
- Rapport général de la Conférence (Pr A. Tévoédjrè, 28 février 1990)