Le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda
En une centaine de jours, plus de 800 000 personnes, en grande majorité des Tutsi, ont été massacrées par leurs voisins, encouragés par une propagande de haine.
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Le contexte
Sous la colonisation allemande puis belge, les catégories Hutu, Tutsi et Twa sont figées en « races » ; la mention ethnique est imposée sur les cartes d'identité dans les années 1930. À partir de 1959, des violences contre les Tutsi poussent des dizaines de milliers d'entre eux à l'exil. En 1990, le Front patriotique rwandais (FPR), formé d'exilés, entre en guerre. Le régime et des médias extrémistes, comme la Radio-Télévision Libre des Mille Collines (RTLM), diffusent une propagande qui traite les Tutsi d'« inyenzi » (cafards).
Ce qui s'est passé
- 6 avril 1994 : l'avion du président Juvénal Habyarimana est abattu au-dessus de Kigali.
- Dès le 7 avril : des listes préparées à l'avance permettent l'assassinat de responsables politiques, dont la Première ministre Agathe Uwilingiyimana, et le début des massacres de Tutsi dans tout le pays. Les Hutu opposés au génocide sont aussi tués.
- Barrages routiers, milices Interahamwe, massacres dans les églises et les écoles où les victimes s'étaient réfugiées.
- 21 avril 1994 : le Conseil de sécurité de l'ONU réduit drastiquement sa mission sur place (MINUAR).
- 4 juillet 1994 : le FPR prend Kigali. Mi-juillet, le génocide prend fin.
Le bilan
Plus de 800 000 victimes selon les Nations Unies ; plus d'un million selon le recensement du gouvernement rwandais. Des centaines de milliers de femmes ont subi des violences, des milliers d'enfants sont devenus orphelins.
Pourquoi c'est arrivé
- Une idéologie ethniste construite pendant des décennies, depuis la période coloniale.
- Une propagande de haine organisée, notamment par la radio.
- Une planification par des responsables politiques et militaires.
- L'inaction de la communauté internationale.
Et après ?
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (Arusha, 1994-2015) juge les principaux responsables. Les juridictions communautaires gacaca (2002-2012) traitent près de deux millions de dossiers. En 2018, l'Assemblée générale des Nations Unies fait du 7 avril la Journée internationale de réflexion sur le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda. Chaque année, la commémoration Kwibuka (« se souvenir ») rassemble le pays ; le Mémorial de Kigali abrite les restes de plus de 250 000 victimes.
Et chez nous ?
Le Bénin a accueilli dans ses établissements pénitentiaires des personnes condamnées par le Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour y purger leur peine. Au-delà, la leçon est universelle : la haine fondée sur l'appartenance ethnique, régionale ou religieuse commence toujours par des mots. Notre diversité est une richesse à protéger.
Pour débattre
- Comment reconnaître un discours de haine, à la radio comme sur les réseaux sociaux ?
- Que signifie « réconciliation » quand victimes et bourreaux vivent dans le même village ?
- Pourquoi la communauté internationale n'a-t-elle pas agi ?
Sources
- Nations Unies – Journée internationale de réflexion (résolution du 26 janvier 2018)
- ONU Info – Commémorations 2018-2025
- UNESCO – Enseigner l'histoire du génocide contre les Tutsi
- Mécanisme international résiduel des tribunaux pénaux (IRMCT) – Exécution des peines