La traite atlantique et Ouidah
Pendant plus de trois siècles, des millions d'Africains ont été arrachés à leur terre et vendus comme esclaves de l'autre côté de l'océan.
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Le contexte
Dès le XVIe siècle, les puissances européennes (Portugal, Espagne, puis Angleterre, France, Pays-Bas, Danemark) développent des plantations dans les Amériques. Elles ont besoin d'une main-d'œuvre nombreuse et gratuite. S'organise alors un commerce « triangulaire » : produits manufacturés vers l'Afrique, captifs vers les Amériques, sucre, coton et tabac vers l'Europe.
Ce qui s'est passé
- Les captifs sont achetés sur la côte à des intermédiaires, souvent des royaumes africains qui les capturent lors de guerres ou de razzias. Le Danxomè, qui conquiert Ouidah en 1727, en fait une ressource majeure.
- La traversée (le « passage du milieu ») dure de un à trois mois dans des cales surpeuplées. La mortalité y est très élevée.
- Dans les Amériques, les captifs sont vendus et soumis à un travail forcé à vie, transmis à leurs enfants.
- Révoltes à bord, fuites (marronnage), révolution haïtienne (1791-1804) : les esclaves n'ont jamais cessé de résister.
- La Grande-Bretagne interdit la traite en 1807, la France abolit définitivement l'esclavage en 1848. Les derniers départs depuis Ouidah ont lieu dans les années 1860.
Le bilan
Environ 12,5 millions d'Africains ont été embarqués et près de 10,7 millions sont arrivés vivants : près de 2 millions sont morts pendant la traversée (base de données Slave Voyages). Ouidah, à elle seule, a vu partir plus d'un million de personnes en deux siècles.
Pourquoi c'est arrivé
- La recherche du profit dans l'économie de plantation.
- Une idéologie raciste qui niait l'humanité des Africains.
- La complicité de certains pouvoirs locaux, qui en tiraient armes et richesses.
Et après ?
En 1994, l'UNESCO lance à Ouidah le projet « La Route de l'esclave ». La Porte du Non-Retour est inaugurée en 1995. Les Nations Unies commémorent les victimes chaque 25 mars, et l'UNESCO célèbre le 23 août la Journée internationale du souvenir de la traite et de son abolition.
Et chez nous ?
La Route de l'Esclave (Place des enchères, Arbre de l'Oubli, Case Zomaï, Mémorial Zoungbodji, Porte du Non-Retour) fait de Ouidah l'un des grands lieux de mémoire du monde. Regarder cette histoire en face, c'est aussi reconnaître le rôle de certains royaumes de notre région.
Pour débattre
- Peut-on être fier de l'histoire de son pays tout en reconnaissant ses pages sombres ?
- Quelles formes d'esclavage moderne existent encore aujourd'hui (travail forcé des enfants, traite des personnes) ?
Sources
- Slave Voyages – Trans-Atlantic Slave Trade Database
- UNESCO – Projet « Routes des personnes mises en esclavage »
- Slavery and Remembrance – Ouidah