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Afrique · fiche 6 sur 13

Le massacre de Thiaroye

Des soldats africains qui avaient combattu pour la France ont été tués par l'armée française parce qu'ils réclamaient leur salaire.

Quand : 1er décembre 1944Où : Camp de Thiaroye, près de Dakar (Sénégal)
Version secondaire · Âge recommandé : Dès le CM2

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Sujet difficile. Prévenez les élèves avant la lecture, laissez la parole ouverte, et signalez à l'équipe pédagogique un élève troublé (Mode Classe).

Le contexte

Des dizaines de milliers de soldats d'Afrique occidentale française ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup, capturés en 1940, passent quatre ans dans des camps de prisonniers en France occupée (Frontstalags). Rapatriés fin 1944, ils attendent le paiement de leurs arriérés de solde et de leurs primes.

Ce qui s'est passé

  1. Novembre 1944 : environ 1 300 ex-prisonniers arrivent au camp de Thiaroye.
  2. Ils réclament le paiement intégral de leurs droits et refusent de partir avant d'être payés.
  3. 1er décembre 1944 : les autorités militaires déploient des troupes, des automitrailleuses et un char ; la troupe ouvre le feu sur les tirailleurs rassemblés.
  4. Des rescapés sont arrêtés ; 34 sont condamnés à des peines de prison.

Le bilan

Le bilan officiel a longtemps été de 35, puis 70 morts. Des historiens, comme Martin Mourre et Armelle Mabon, estiment qu'il y a eu plusieurs centaines de victimes, en relevant les incohérences des archives. Le lieu des fosses communes reste débattu.

Pourquoi c'est arrivé

  • Le refus de payer aux soldats africains ce qui leur était dû.
  • La peur, chez les autorités coloniales, d'une contestation de l'ordre colonial.
  • Le mépris et la discrimination envers les soldats coloniaux.

Et après ?

Le cinéaste Ousmane Sembène porte le drame à l'écran (Camp de Thiaroye, 1988). En 2024, pour le 80e anniversaire, la France reconnaît plusieurs victimes « Morts pour la France », et le président français reconnaît dans une lettre au Sénégal qu'il s'agissait d'un « massacre ». Les recherches continuent.

Et chez nous ?

Des Dahoméens figuraient parmi les tirailleurs. Cette histoire concerne donc directement nos familles : beaucoup de nos grands-parents ont servi dans ces troupes.

Pour débattre

  • Pourquoi a-t-il fallu 80 ans pour nommer ce massacre ?
  • Comment retrouver la vérité quand les archives sont incomplètes ?

Sources

  • CNRS Le Journal – « Thiaroye, mémoires d'un massacre »
  • RTBF / AFP – Reconnaissance du massacre par la France (nov. 2024)
  • Armelle Mabon, Prisonniers de guerre « indigènes » (La Découverte)
Son coupé